Les petits ruisseaux font les grandes rivières. Souvent pour le meilleur, parfois pour le pire.
Au fil du temps nous avons perdu des libertés sans nous en apercevoir. Nous nous y habituons. Les plus jeunes ne s'en rendent évidemment plus du tout compte et sont nativement habitués un monde de plus en plus tracé et froid. On parle aujourd’hui de la disparition des espèces, ce n'est que la suite d'une série de petites pertes de liberté, toujours motivées par un désir de facilitation par la technologie.
Avant d'aborder le sujet actuel de la disparition apparemment programmée des espèces, rappelons (pour les plus âgés) celle des cabines téléphoniques au profit du seul téléphone portable. Elle est semble-t-il "passée crème". De toute manière on n'a demandé l'avis de personne. La grande technologie du mobile et, c'est vrai, ses avantages pratiques ont complètement occulté la fin d'une la liberté et d'une sécurité. La liberté de communiquer en toute discrétion sans que nos appels puissent être tracés et la sécurité de pouvoir appeler sans être tributaire d'un appareil mobile et des caprices des réseaux. Les lignes fixes disparaissent, elles coûtaient bien moins cher aux citoyens. Le smartphone est devenu le centre unique de toutes nos habitudes quotidiennes, nous obligeant déjà à en avoir un. Leurs fabricants et vendeurs ont préempté notre mode de vie. Les gestionnaires des infrastructures téléphoniques y ont vu un moyen de faire des économies. On peut comprendre leur recherche de profits ou de rentabilité, on comprend mal en revanche pourquoi les autorités publiques n’ont pas sauvegardé des instruments qui étaient utiles aux citoyens. Et qui ne leur coûtaient rien.
On repart sur un sujet similaire avec la disparition annoncée, en tout cas ardemment voulue, par les autorités bruxelloises et nationales, des espèces. Là encore, si par malheur ces mesures étaient adoptées, c'est à nouveau la perte d'un espace de liberté, un espace où tout ce que vous faites n'est pas tracé. C'est aussi la disparition de relations humaines (brocantes, vide-greniers, argent de poche, petits dons, quêtes, etc.). Sans oublier les risques de sur surconsommation liés à l'emploi unique de cartes ou de paiements par smartphone, et comme le disait le post Linkedin de Stéphanie Lange, le simple effort de compter.
Là encore, on peut comprendre la volonté de lutter contre les fraudes à grande échelle. Mais on oublie complètement les aspects sociétaux et même civilisationnels, en ce sens que toute activité va devenir intermédiée par un outil technique. Le contact direct permis Et ensuite on se plaint que les gens soient rivés à leurs portables et que toute chaleur humaine disparaisse.
Les "décideurs" ont-ils conscience de tout cela ? Comprennent-ils aussi que ces glissements progressifs accentuent le fossé entre eux et les citoyens ? J'espère que les autorités françaises et européennes sauront rester raisonnables sur le paiement tout numérique. J'ai des craintes.
Les citoyens doivent faire barrage. Tous ceux qui sortent leur carte pour une baguette parce que c'est pratique devraient vraiment y réfléchir. Allons chercher des espèces et utilisons-les pour les dépenses quotidiennes !